Isabelle Jarousse

ISABELLE JAROUSSE

Est née en 1964 à Marvejols (Lozère). Vit et travaille à Lyon.

Principales expositions personnelles :

1994, 1996, 1998, 2001 Galerie Dettinger-Mayer, Lyon.
1997 Maison des Ecritures, Lyon.
1999 Groupe d’Art Contemporain, Annonay.
2002 Galerie Micheline Fallet, Genève (Suisse).
2003 Fondation Winkler, Gütersloh (Allemagne).
2004 Galerie Chave, Vence.
Principales expositions collectives :
1997, 1999, 2001 Biennale d’Art Contemporain, Taïpeï, Taïwan.
1999 Carte blanche à la Galerie Dettinger-Mayer,
Galerie Smagghe-Kerven, Paris.
2000 Galerie Micheline Fallet, Genève (Suisse).
2000 Château de Voguë (Ardèche).
2001 Galerie Chave, Vence.
2002 Centre Culturel Louis Aragon, Oyonnax.
2003 -2004 Quarante dessinateurs, Galerie Chave, Vence
Petits formats Galerie Chave
2006-2007 Collection Daniel Cordier
Centre d’art « Les Abattoirs » Toulouse
« Pas le Trocadéro, pas le musée d’Athènes »
2007 Art-Paris
2008 Galerie Chave Au fil du hasard dessins

Sur Isabelle Jarousse

Dessins ou plissés, tout est affaire de papier. À l’ Ecole des Beaux Arts d’Angoulême, installée dans les bâtiments d’une ancienne usine, Isabelle Jarousse a appris à faire de la pâte à papier.
Un enseignement dont elle a tiré profit. Le papier est devenu pour elle matière et matrice, à la fois support et creuset d’un langage, provocation à la création.

Son art subtil est qu’elle obéit, d’une certaine façon, aux suggestions géologiques émanant des épaisseurs qu’elle projette et structure, comme si elles étaient elles mêmes en enfantement de genèse, et qu’elle n’en impose pas moins ses rythmes et sa vision grouillante et obstinée, figures humaines, flore et faune enlacées d’un paradis exotique qui lui appartient.

Certes, le hasard, avec lequel elle sait jouer, n’est pas étranger à cette procréation plus élémentaire qu’édénique et d’un érotisme naïvement animal mais il est certain que, sur la durée du travail qu’engage chacune de ses œuvres, Isabelle Jarousse maîtrise toutes les composantes et qu’elle guide fermement son peuple des crevasses, des fissures, des rides de l’écorce, niché là où il existe un espace à remplir.

Un peuple sans histoire, non narratif, car il n’est point le héros d’une fable mais l’alphabet d’un lan gage, l’ornementation d’une surface plane ou ravinée, un répertoire de signes pour l’ordonnance d’une composition très volontaire dont Isabelle Jarousse affirme qu’on peut la tenir pour abstraite.

À distance, en effet, dessins à plat ou plissés se voient en tant que surfaces ornées de flux ondulatoires stratifiés ou de calligraphies sans repos, toutes pleines et denses.

À regarder de plus près, les figures miniaturisées, tracées au pinceau à l’encre de Chine sur le papier inerte ou tumultueux ne paraissent ni totalement innocentes, ni dépourvues totalement de cousinages.

Ainsi que dans un rêve de béatitude, elles disent le plaisir des corps sans contrainte bercés par les animaux et les plantes, et, dessinées précisément, elles évoquent les mythes d’anciennes civilisations, d’anciens tissus, d’anciens livres, d’anciens langages simples et pourtant secrets.

L’alchimie d’Isabelle Jarousse, combinant abstraction et figuration, fait surgir sur les parois de papier un monde qui ne relève que de la poésie. Visible et même familier et pourtant énigmatique.

© Galerie Chave – Jean-Jacques Lerrant – janvier 2004

CATALOGUES sur Isabelle Jarousse